Les bancs français

De Brassens à Vianney nous sommes français
Nous pensons et mettons des rimes sur nos mots
Nous les faisons chanter pour panser nos maux
Il y a de la passion dans ses notes qui s’envolent
Nos âmes et nos cœurs s’ouvrent avant qu’ils ne s’étiolent

Nous ne sommes pas tous Verlaine ou Victor Hugo
Mais nos joies et nos peines s’échappent au bout de nos stylos
Ce qui brûle en nous doit sortir en chanson
Peuple de l’amour, des profondeurs et de la réflexion

Oui elle vit encore cette chanson française
Elle parle pour nous mieux que la marseillaise
Comme Notre Dame, la Tour Eiffel ou Versailles édifiés
Toutes ces chansons construisent un bout de notre identité

Sofa


Ils sont tous fiers les jeunes mariés
de me porter dans leur entrée
Je trône royalement dans le salon
Je me gonfle, je me pare de mon rouge vermillon

Je suis aux premières loges de cette vie bien remplie
Des livres dévorés aux soirées ciné entre amis
Des larmes qui ont coulées après l’annonce d’une maladie
Des sourires réjouis dans l’attente de l’arrivée de ce petit

Ma vie s’est métamorphosée quand ce bébé est entré
De jour comme de nuit j’étais alors bien occupé
Des tâches des lait ou des parents épuisés
Je n’étais plus comme aux premières heures si jeunes et si frais

Puis la famille s’est agrandie et mon rouge s’est assombri
Un beau jour il a bien fallu me refaire une beauté
Livres et jouets sur mon dos traînaient
J’attendais chaque soir le défilé de nouveaux récits

Le temps a passé, les bruits ont changé
Les pleurs de bébé se sont envolés
Jazz et rock se mêlent pour remplir le silence
Madame s’assied et pense à son absence.

avril 2019
Mona Moore

Déjà !

Le temps d’avant

Alors que les « grands » sont de sortie, opération rangement du placard de vêtements !

Mes enfants ont tellement de vêtements qu’on nous a donné pour la plupart que nous n’avons pas besoin d’en acheter pour qu’ils aient l’air d’en avoir de nouveaux. Il suffit de tirer une pile de pantalons pour en trouver d’autres derrière, oubliés et qui n’ont pas été mis depuis des semaines, des mois !

Nous avons été bénis !

Il n’y a pas si longtemps en arrière, lorsque je regardais des vêtements en 6 mois pour ma petite Isaure, cela me paraissait immense et je me demandais quand elle rentrerait dedans ! Aujourd’hui, j’ai rangé ses vêtements en 6 ans pour qu’ils servent pour sa petite soeur !!!

C’est un drôle d’effet que les enfants ont sur nous et sur le temps. Oui, nous le savons, le temps passe vite, très vite. Vous verrez, nous disait notre ancien voisin, bientôt vous les marierez ! Mais non, voyons, nous avons le temps !

Et pourtant !!! Je vois mon aînée changer. Oh, non, personne ne va encore la demander en mariage. Mais je la vois changer, grandir. Notre petit bébé a disparu depuis longtemps.

Oui, le temps passe vite. Nous savons que nos enfants ne sont pas là pour toujours. C’est un étrange sentiment. Leur donner la vie, les voir grandir et un jour les voir partir.

Je n’en suis pas là mais malgré la frénésie du quotidien je me dois de profiter de la saison dans laquelle je suis en tant que femme et en tant que mère. Oui, c’est fatigant. Oui, c’est bruyant, chronophage, étouffant même parfois. Mais un jour, la maison me paraîtra vide, silencieuse et je me sentirai seule. Beaucoup de mamans plus âgées en témoignent.

J’ai parfois l’impression que ma vie m’échappe. Cependant, c’est cela ma vie, aujourd’hui. Me lever de bonne heure. M’occuper de leur petit-déjeuner. Les habiller. Les emmener à l’école. Préparer le repas, ranger la maison, le linge etc. Dans toutes ses tâches où parfois je me perds, je suis moi, aujourd’hui.

Si je ne veux pas que cette saison soit une parenthèse perdue, je dois y plonger. Plonger dans mon tas de linge, m’abandonner dans mes nuits trop courtes, mon intimité réduite à peau de chagrin. Je dois l’embrasser et la faire voler pour que ce présent soit moi. Je dois le prendre à bras le corps pour qu’il me ressemble. Qu’il y a ait la vie. Je dois accepter que parfois je tomberai. Je dois m’en emparer avant que ce présent s’envole et que je passe à autre chose. Y saisir le beau. En faire de beaux souvenirs.

Plus tard, j’y retournerai comme vers ces vieux albums photos qu’on ouvre avec nostalgie. Ce matin, je recevais une photo du mariage de ma grand-mère. Une belle jeune femme que je ne connaissais pas. Un petit enfant sur les genoux de son père moustachu qui était mon grand-père. Étrange de ce plonger dans ce passé.

Je voudrais qu’il y ait des rires, des larmes aussi dans les pages de mon album. Des fleurs. Du soleil. Et des parapluies.

Il est passé le temps des vêtements de naissance.

N’attendons plus demain.
La vie, c’est aujourd’hui, dans ce fouillis, ces jouets qui traînent, les enfants qui parlent fort, les nuits trop courtes.
La vie, c’est aujourd’hui, dans ces histoires racontées le soir, les danses, les histoires, les dessins de ma grande fille, les constructions et les observations de mon grand, les câlins et l’intensité de mon petit gars et dans la joie, les nons, les émotions, les caprices de ma petite dernière.

Oui, la vie, c’est aujourd’hui

Transmettre

Passer le relais

Transmettre signifie déposer au-delà, au-delà de nous-même dans une idée de transcendance, quelque chose qui subsistera lorsque nous ne serons plus de ce monde ou tout simplement que nous ne serons plus dans un endroit.
Il semblerait qu’aujourd’hui, nous soyons dans une crise de la transmission. Alors que l’individu se positionne comme absolu, comment recevoir ce qui vient d’avant et pourquoi donner ce que nous sommes à ceux qui viennent après nous ? La transmission est vue comme une dictature. Transmettre devient un acte de domination. Really ?

Comment nous connaître nous-même sans transmission ? Comment développer notre pensée, savoir qui nous sommes sans langage qui organise notre pensée ?
Ceux qui ont développé des théories contre la transmission comme Descartes, Rousseau, Bourdieu et bien d’autres sont justement héritiers d’autres, de livres qui leur ont été transmis. Tout un paradoxe.
Transmettre pour permettre à chacun de se connaître, de se développer, d’atteindre qui il est mais aussi dans la conscience d’un tout. Bien fou celui qui croit se construire seul. Mais cette transmission ne se veut pas un carcan rigide et immuable. Elle se veut le socle de la nouveauté. L’ancien pour construire aujourd’hui et le nouveau dans la diversité. Un beau message.

Au-delà de la beauté des mots et des pensées, qu’en pensez-vous justement ?
Peut-on ne pas transmettre ?
Lorsque nous avons des enfants, nous transmettons la vie. Certains pensent qu’il ne faut d’ailleurs plus le faire. Mais quoi de plus beau que de transmettre la vie ? Nous ne serions pas là si certains ne l’avaient pas fait. Il faudrait leur en vouloir ? Vraiment ? On entend bien souvent que la vie est un cadeau. Elle n’est certes pas un long fleuve tranquille mais elle est fragile et précieuse et bel et bien quelque chose de beau.
Ensuite, toujours en tant que parent, peut-on vraiment ne pas transmettre ? Nous transmettons déjà tout ce que nous sommes : notre façon de parler, de nous tenir, d’être avant tout ce que nous faisons, nos valeurs. Même sans rien dire, nos enfants sont imprégnés de ce que nous sommes. Et si vous avez une passion, quelque chose que vous aimez, vous n’avez pas envie de leur partager ? Sans leur imposer, j’ai lu des livres à mes enfants dès leur naissance. J’aime les livres. J’ai des livres. Aurai-je dû les cacher dans un placard pour qu’ils ne les voient pas ? Aurai-je dû ne jamais leur raconter d’histoire ? Il se trouve que cela aide à développer le langage et l’imagination. Mais je leur ai imposé ce goût et mes goûts littéraires. C’est vrai. Mais je ne les force pas aujourd’hui à lire des livres, à en prendre à la bibliothèque et à leur demander de leur raconter. Si je ne l’avais pas fait, je leur aurai également transmis quelque chose. Lorsque je fais quelque chose ou que je choisis de ne pas le faire, je leur transmets de toute manière un message. J’aime les livres, c’est super, c’est un monde merveilleux. Ou je n’aime pas les livres, ne t’en approche pas, cela n’a aucun intérêt. Bien sûr, si vous avez lu Matilda de Roald Dahl vous savez qu’il est possible de développer une passion même si on ne vous la pas transmise. Cela n’est cependant pas neutre. Aucune éducation ou enseignement n’est neutre.

Dans un autre contexte que la parentalité, à moins de vivre dans une grotte, nous nous construisons de fait de transmission : celle que l’on reçoit et celle que l’on donne.

Il y a beaucoup de plaisir à donner. En ce qui me concerne, je le porte en moi. Transmettre est plus fort que moi. Si je comprends quelque chose, si je vis quelque chose qui me marque, si j’entends une musique que j’aime, si je lis un livre qui me parle, j’ai besoin de le transmettre, de le partager parce que je me dis que si ça me touche, cela peut en toucher d’autre.

Je pense donc que le fait de nier la transmission est à la fois illusoire et dangereux. D’un côté, on transmet toujours quelque chose, une idée, une idéologie, même le négativisme ou le nihilisme. Et de l’autre, refuser de transmettre, surtout comme politique national, revient à mon sens à nier qui nous sommes et nous conduit droit vers la folie, perdu à la recherche de nous-même, sans racine, sans fondement sur lequel construire celui que nous serons.

Je crois aussi que nous sommes fondamentalement fait pour transmettre. Transmettre la vie qui est en nous. Transmettre ce que nous avons reçu. Transmettre ce que nous aimons, ce qui brille en nous pour que d’autres s’en emparent, le transforment et le transmettent à leur tour.
L’histoire de l’humanité est une histoire de relais. Et heureusement. Imaginons qu’il faille à chaque génération tout recommencer ? Réinventer le feu, l’écriture, la roue, l’électricité…?

N’hésitez plus. Transmettez ! Transmettez qui vous êtes. Brillez ! Et passons le relais pour que les trésors qui sont en nous ne se perdent pas.

Merci
Merci à ceux qui m’ont transmis ce que j’ai en moi. Merci à ceux qui ont transmis ce qu’ils avaient compris pour que cela arrive jusqu’à moi et vienne me toucher à mon tour.

Être mère

Etre mère. Quand j’étais adolescente, j’en rêvais. J’en ai pleuré parfois de ne pas rencontrer mon prince charmant en me disant que je terminerai vieille fille et que la maternité ne serait jamais pour moi.
J’ai finalement trouvé chaussures à mon pied comme on dit. L’envie de devenir mère est devenue secondaire face au bonheur d’être deux. Tiraillée entre l’envie de rester toujours unis ainsi, quasi fusionnels. Cette fusion des débuts. Et l’envie venue du plus profond de moi-même de tenir dans mes bras ce petit bout de moi, ce petit bout de nous…

Nous nous sommes finalement lancés et les mois d’attente furent longs, très longs et souvent en point d’interrogations. Je comprends un peu de la douleur de celles et ceux qui attendent encore et encore et qui jamais ne verront ce rêve se réaliser. Oui, l’enfant n’est pas un droit, n’est pas un objet mais c’est tellement douloureux de ne pouvoir le vivre.
Vous ne voyez que ventres ronds et parents heureux de part et d’autre.

Mais après un an d’attente qui m’a parut une éternité mais qui n’est rien en comparaison d’autres situations, la vie est arrivée, inespérée.

Aujourd’hui, je suis maman de quatre enfants. Quatre beaux enfants, en bonne santé. Mais j’ai bien vite réalisé que la maternité n’est pas une sinécure.

Il est des journées où vous avez l’impression de n’être rien. Rien qu’un objet sur leur passage. Rien qu’un taxi. Rien qu’une porte. Rien qu’une ménagère. Rien qui ne vaille car ne rien ne fonctionne. Une vie qui n’est plus rien.
Les mercis sont rares même si je suis plutôt bien lotie, la gratitude faisant partie de notre éducation et de ce que nous avons transmis depuis qu’ils sont dans leur berceau.
Les crises de nerfs se multiplient et votre patience décroit. Surtout que tout est multiplié par quatre. L’un part se cacher derrière une voiture au moment où la petite dernière se fait la malle sur le trottoir dans la direction opposée. Vous vous sentez impuissante, minuscule et inefficace.
Et alors vous partagez ce sentiment décrit dans cet article
https://fabuleusesaufoyer.com/elle-va-encore-tout-faire-m…/…

Oui, les autres sont bien meilleures. Leurs enfants ne font pas de crise. Leurs enfants n’ont pas de trous à leurs pantalons. Leur maison est impeccable. Bref, la liste s’allonge sur leurs compétences à elles, ces mères parfaites. Cette liste fait écho à toutes vos incompétences. Liste encore plus longue.
Plus que de la jalousie, il y a aussi un sentiment d’impuissance.

Et puis vous comprenez qu’en fait, vous n’êtes pas dans la vie de ces mères parfaites. Quel complexe se cache derrière cette maison « ikéa » ? Que connais-tu des disputes que tu ne vois pas derrière les belles photos de vacances?

Aujourd’hui, je vis mon rêve. Mais ce qu’on ne nous dit pas avec nos rêves, c’est qu’il dépasse toujours la fiction. Nos rêves sont plein d’étoiles et de paillettes. Nos rêves sentent bons et ne montrent pas la poussière. Mais nos rêves ne resteront pas. A la fin, ce qui restera, ce ne sera pas nos rêves, mais la vraie vie. Tous les rêves ont un coût. Et dans notre monde de rêves, on voudrait que tous nos rêves cohabitent. On ne nous dit pas qu’il faut parfois sacrifier un rêve ou un bout de rêve pour en vivre certains. Il n’y a pas de mode d’emploi. Il y a autant de rêves que de personnes. Nos rêves évoluent.

Oui, il y a des jours comme aujourd’hui, où le rêve est un peu plus lourd à porter que d’autres parce que le quotidien est aussi fait de disputes, de fatigues, de déception, de mal-être de l’un ou l’autre. Il faut composer avec tout cela, avec chacun, avec soi. Il faut accepter que certains jours, nous ne serons pas au top et que nous serons plus faibles, plus fragiles et que nous aurions envie de laisser ce rêve mais qu’on ne peut pas.

Oui, parfois les larmes coulent.

Mais c’est alors que vous voyez leurs visages. Vous les voyez jouer ensemble depuis 1/2 sans se disputer, vous voyez l’une encourager l’autre. Vous vous souvenez de cette douleur immense quand vous avez eu peur d’en perdre un.
Vous prenez alors votre souffle et vos mouchoirs.
Puis vous relisez cet article des Fabuleuses, encore !
https://fabuleusesaufoyer.com/devenir-ma-meilleure-amie/
Et tu décides de voir ce qui va. De continuer, de te relever, d’accepter.

Alors, en cette journée un peu plus dure pour moi, un peu découragée, je voulais vous donner du courage à toutes les mamans. Les mamans solos. Les mamans d’un, deux ou plus d’enfants. Oui, il y a des jours où ça n’est pas facile. Oui, il y a des jours où ils semblent tous se donner le mot pour être désagréables. Mais ils sont là. Et c’est grâce à vous. Oui, il y a des choses qui auraient pu être mieux. Oui, il y a des mots que vous regrettez ou des attitudes. Mais comme dirait Hélène Bonhomme, « vous êtes juste assez fabuleuse, et ça change tout ! »

Et Patati et Patata

colibri

Les défis continuent. Après un cadavre exquis en avril que je vous invite à découvrir ici : https://palinacharabia.blogspot.fr/2018/04/

En mai, nous faisons ce qui nous plaît.

Voici donc ma petite histoire.

« 9h30 d’une belle matinée de printemps.
On entend un peu plus loin le bruit des tondeuses. On pourrait presque sentir jusqu’ici l’odeur de la pelouse fraîchement tondue.
Les oiseaux s’en donnent à cœur joie et gazouillent gaiement.

Il est l’heure de ta sieste. Il est l’heure pour moi de travailler. Un petit bisou dans le cou et je te dépose tendrement dans ton lit. Tu dis non de la tête et me tends les bras. Je te reprends contre moi. Un petit câlin. Une minute s’écoule et je savoure ce temps qui s’arrête. Tu te dégages et sautes dans le lit. Tu te blottis dans le coin de ton lit. Tu me souris du coin de l’œil. Tu es prête.

Je m’éloigne et ferme la porte.

Je m’assieds à mon bureau. Il y a des papiers à trier, des cours à préparer et des histoires à écrire.

Mais ce ne sont plus les oiseaux qui s’égosillent ! De ta petite voix tu chantonnes. Tu racontes des histoires que seule tu comprends. Des petits cris stridents de temps en temps. Et cela ne s’arrête pas. Et Patati et patati et patati. C’est un flot sans fin de i et de o et de papapa et de mamama, etcetera !  
Mais je tends l’oreille ! Les bruits changent. Est-ce que je deviens folle ? N’est-ce pas une deuxième voix ? Il semblerait bien y avoir plus de grave. Une voix plus ronde et plus caverneuse. Qu’est-ce don ? Ai-je déjà trop travaillé ?

Mut par la curiosité, je me lève de ma chaise. Je plaque mon oreille contre la porte. Qui cela peut-il bien être ? Je regarde par le trou de la serrure. Je ne vois rien. La curiosité est trop grande. Mon rythme cardiaque s’accélère. Que vais-je découvrir derrière cette porte ? C’est bien étrange. Je ne tiens plus. Tout doucement, je pousse la poignée et j’ouvre. Je passe ma tête dans l’embrasure de la porte. Et là, je me stoppe net. Sur le bord du lit, un tout petit colibri. Et ma petite fille, debout dans son lit. Absorbée par sa conversation, elle ne m’a pas entendu.

Délicatement, je referme la porte.

La discussion se poursuit. Et patati et patata. Le petit oiseau verse plus dans les a ! »

Défi du mois de mars –

licorne nuage

 

Comme tous les mois désormais, nous nous retrouvons autour des graines d’idées pour mieux nous évader. Toujours de belles histoires au rendez-vous, des talents incroyables à découvrir.
Je profite d’un week-end froid et pluvieux pendant lequel le printemps se fait un peu désirer pour semer ma graine et la laisser s’envoler.
Dès le 31 mars, vous pourrez découvrir celles de mes amis sur le blog de Palina
https://palinacharabia.blogspot.fr/2018/03/bonjour-bonjour-chez-moi-ce-matin-la.html

 

Bonne lecture et c’est parti :

« Il s’est levé de bon matin, Alban.
Il enfile ses chaussures, pointures 72.
Il se souvient du regard étonné de sa maman.
« Où es-tu allé chercher d’aussi petits pieds ? »

Mais qu’à cela ne tienne.
Il avale ses tartines de miel, ce bon miel qu’il est allé chercher au près de ses amies les abeilles.
Chaque jour, elle lui prépare un bon kilo de ce produit doré et sucré.

Puis il s’en va Alban. Il enfile son joli caban.
Sur sa tête, son chapeau de feutre. Ses cheveux dépassent et volent au vent.
Il marche sur le chemin, il franchit des rivières, il gravit des collines et arrive au bord de l’océan.
Un pas suffit pour parcourir bien des kilomètres quand on est un géant.

Il se délecte des airs marins, il s’enivre des ses parfums.
Il contemple les vagues qui se jettent sur le sable.
Oh, cette douceur, cette force, que c’est agréable.

Dans l’écume folle il voit des êtres qui prennent vie
Des chevaux au galop
Des souris qui s’enfuient
Des moutons qui avancent en troupeau.

Alors à son tour il tend la main.
Il attrape un nuage qu’il modèle dans sa paume
L’artiste se meut finement
Et soudain le coton du ciel devient lapin
Il souffle doucement
Sur cet animal élégant
Il lui pousse des nageoires et il devient dauphin
Il nage dans les nuages, ce beau mammifère marin.
Puis il dessine un toit pour ceux qui n’ont de maison que le ciel
Il peint des bras pour ceux qui se sentent seuls
Il esquisse des sourires pour ceux qui font couler leurs larmes.

La journée se passe et c’est tout un tableau qui se dessine
Un monde rempli d’espoir sous la main du potier, sous la main du poète
Au bout des doigts d’Alban comme une peinture toute fine
Bientôt le soleil se couche et il est temps pour notre amie de rejoindre son lit
D’un geste il efface son tableau
Il reviendra demain Alban le géant, ce sculpteur de là-haut
Demain d’autres œuvres, d’autres paysages sur cette toile infinie ou tant d’êtres naissent d’un souffle de vie.   »

 

Texte non libre de droits. Propriété de Bénédicte Cantele, alias Mona Moore

17 mars 2018

 

Défi de février – Quel super pouvoir aurais-tu ?

Odile et mes amis d’écriture nous ont invité au défi de février. Alors que les petits défilent au Carnaval sour leur costume et leur visage masqué, elles nous invitent à la découverte de nos super-pouvoirs ! Et oui, ce n’est pas réservé aux hommes qui portent un collant sur leur sous-vêtement 🙂

Alors je vous livre le portrait d’une héroïne aux multiples pouvoirs.
Bonne lecture !

« Émeline ne paie pas de mine. Elle file toute fine et personne ne se doute de qui se cache derrière ce bout de fille. En sa personne, tant de pouvoir, vous n’allez pas le croire.
Elle se lève tôt le matin et se transforme en boulangère. Brioches et petits pains, n’ont pas de secret entre ses mains.
Puis, d’une voix discrète elle entre et devient réveil matin. Mélodie légère, telle une caresse vous sortant du lit.
Elle se fait ensuite taxi. Attention à vous si vous vous trouvez sur sa route. Elle roule à vive allure. Ça rit, ça bouge dans son automobile.
De retour chez elle, Émeline se transforme en véritable robot domestique : vaisselle, repassage, raccommodage, récurage, tout y passe. Chez elle tout est impec’. C’est sur qu’on peut mettre un pied devant l’autre.

Au retour de l’école, elle devient institutrice multi-niveaux. Additions, multiplications, lecture, poésies, leçons de grammaire, orthographe et conjugaison. Ses amis sont Jacques Prévert, Maurice Carême et Boris Vian pour les plus dissidents. Les pluriels en ou, en al et en ail ne lui font pas mal.

Puis elle devient chef étoilé. A sa table, on change de menu tous les soirs. Elle manie la poêle comme personne, avec à l’oreille le téléphone.

Quand dans le ciel les étoiles brillent, elle se fait alors conteuse. On s’embarque avec elle dans d’autres époques, d’autres contrées. Tout devient un monde enchanté. Doucement, les paupières se ferment. On se blottit sous la couette. Une chanson douce, un baiser et vous voilà tous en train de rêver.

Enfin vient pour elle le moment de se poser, de se reposer.

Son pouvoir, elle le partage avec des milliards d’autres femmes. On lui donne sur toute la terre un doux nom, celui de « Maman ».

Émeline, ne paie pas de mine. Elle file alors à son tour sous la couette. Et elle rêve d’un autre pouvoir. Elle rêve que demain, elle restera sous l’édredon pendant que son autre elle, son double de maman se lèvera et sera à son tour cette super maman, cette wonder woman. Elle s’endort, elle se blottit contre celui qui seul la voit telle qu’elle est, qui connaît ses larmes, ses faiblesses et ses forces, ses doutes et ses chutes mais qui sait que toujours elle se relève. Il sait lui quelle fabuleuse elle est.

Il la regarde tendrement, cette femme qui n’est pas qu’une maman. »

maman quentin greban

Illustration de Quentin Gréban pour l’album « Maman » à paraître chez Mijade en avril 2018.

A propos de la confiance en soi

J’hésite depuis plusieurs jours à parler du sujet que je vais évoquer. J’hésite parce que ça remue pas mal de choses en moi. J’hésite parce que je sais que c’est sensible pour beaucoup, notamment beaucoup de femmes. Sûrement des hommes aussi mais ils en parlent moins ou vivent peut être mieux avec.
J’ai donc passé l’après midi à réfléchir à tout ça et à vous écrire ce qui va suivre.
Je voudrais aujourd’hui parler de la confiance en soi. Cela me travaille à double titre. Comment moi je peux avoir (enfin) confiance en moi et comment aider mes enfants à avoir confiance en eux.
L’article que j’ai posté ce matin donne quelques pistes.
De mon côté, je ne suis pas psychologue.

Il semblerait que notre confiance en nous se construise, surtout pendant notre enfance.
Mais alors comment faire quand notre confiance en nous n’a pas été construite, ou mal construite ? Sommes nous à jamais esclaves des manques de nos parents ? Et nos enfants sont-ils condamnés à subir nos lacunes ?
Maintenant maman de 4 enfants, je sais combien « élever » des enfants est une tâche ardue. Je pense que nos parents ont fait du mieux qu’ils pouvaient avec ce qu’ils étaient, vivaient.
Mais on entend souvent : « on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas reçu ».
C’est effrayant non ?!
Si je n’ai pas reçu de confiance en moi, je n’aurai donc jamais confiance en moi ?
On se construit souvent en imitation de ce que nous voyons ou en opposition. Par exemple, je détestais que ma maman soit en retard et du coup j’ai horreur de l’être. Mon papa partait toujours en tête dans les balades et ça m’agaçait alors je veille à attendre les autres quand je me promène.
Mais alors, je ne suis que le produit de ce que j’ai vécu enfant ?
Même si on ne peut nier le poids de notre enfance, quelque chose en moi refuse cette fatalité. Il se trouve que je crois en un Dieu qui libère et peut prendre des ossements et y mettre la vie. Je crois en un dieu vivant qui est créateur de toute chose et donc qui peut créer là où il n’y a rien.
Je dois cependant bien admettre qu’avoir confiance en moi est un combat de tous les jours. Et tous les jours je rencontre d’autres personnes qui font de même.
Alors, comment faire ?
Je crois que c’est un choix. Choisir de croire la vérité comme je l’avais déjà écrit il y a quelque temps. Nous aimer. Essayer. Nous donner le droit à l’erreur. Recommencer, encore et encore et nous rendre compte que nous y arrivons. Nous impliquer dans la vie des autres. Être disponible. Oser, au moins un peu de dépasser notre peur, notre peur du regard des autres, notre peur du regard implicite de nos parents sur nous. Aller à la rencontre des autres et de ce qui nous tient à cœur..!
Mais dire cela, serait aussi faire tout reposer sur nos épaules, y aller par nos propres forces ! Et avaler encore plus mal l’échec. Alors, là encore, il est question de lâcher prise, de s’en remettre à Dieu, le seul qui ait un regard juste sur qui nous sommes. Il nous donne les forces. Il est notre force. La crainte de Dieu est le début de la sagesse. Le secours me vient de l’éternel.
Nous avons aussi besoin je crois d’encouragements, de personnes qui nous aident à avancer, qui croient en nous et nous le disent. Mais on ne peut pas compter uniquement dessus.

C’est comme si nous étions sur un fil. Il nous faut trouver l’équilibre entre d’un côté nos propres forces et de l’autre l’abandon total en Dieu. Mais en fait, plus qu’un équilibre il s’agit de tout cela totalement à la fois. Faire le premier pas et ensuite laisser Dieu faire tous les autres. Et il est au bout du fil pour nous aider à continuer et aussi à côté de nous sur le fil et sous le fil pour nous rattraper.
J’ai l’impression qu’une part de la construction de la confiance de nos enfants se fait un peu ainsi aussi. Si nous les laissons tout faire ils peuvent se mettre en danger. Mais si on leur interdit tout, ils ne pourront jamais essayer et voir qu’ils y arrivent ou vont finir par y arriver. C’est peut-être d’ailleurs pour cela que les garçons ont un peu plus confiance en eux. Les parents vont plus facilement les laisser grimper aux arbres, sur des rochers. Bien sûr qu’ils peuvent se faire mal, s’écorcher les genoux, tomber. Mais s’ils n’essaient pas ils ne sauront jamais. Et plus ils auront l’habitude de le faire moins il y a de probabilités qu’ils tombent. Il vaut mieux leur apprendre à le faire.
C’est aussi comme cette histoire de « la plume ronde ». (Delphine Bertoletti et Mélanie Desplanches, éditions les Minots). Tout le monde s’est moqué d’elle lorsqu’elle était petite. Elle rêvait de danse mais ne correspondait pas. Puis un jour, elle a rencontré celles qui ont eu confiance en elle, qui ont vu en elle qui elle était vraiment. Et elle a osé aller, essayer malgré sa peur. Ce fut un succès. C’est comme cela pour nous, pour nos enfants.
Le regard que Dieu a sur nous peut tout changer de ce que les autres ont un jour dit sur nous. Le regard bienveillant et plein d’amour peut nous donner confiance et nous aider à entrer dans ce qu’il a de meilleur pour nous.

Alors si comme moi, aujourd’hui encore tu as manqué de confiance en toi, j’ai envie de nous dire : Dieu fait toute chose nouvelle. Dieu est la vérité. Peu importe ce qui a été avant. Oui, cela laisse des traces mais nous ne sommes pas condamnés à cet état là. Ne cherchons pas à aller trop vite. Mais nous allons avancer. Nous allons tomber, échouer…et nous relever ? nos regards dans les siens.
plume

Une première fois

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Depuis des semaines il fait froid. Les bouts de doigts gelés, les pieds recroquevillés dans nos souliers, l’eau du lac toute glacée. Les trottoirs, les toits des maisons, les jardins ; tout est recouvert d’un épais manteau blanc.

En cette veille de Noël, j’attends paisible les festivités. Des petites lumières éclairent notre intérieur et viennent nous réchauffer. Tranquillement, je commence à préparer des chocolats, des biscuits sablés, des pains d’épice. Cela sent bon l’anis et la vanille dans toute la maison. Les mains blanches de farine, je pose mes mains sur mon tablier pour me reposer un peu et le sentir bouger. Sous mon ventre rebondi, il ou elle donne des coups de pieds. Du calme maman me dit-il peut-être ? Encore trois semaines avant l’arrivée de ce petit d’homme. Une petite sieste s’impose. Blottie sous la couette, les sons assourdis par la neige, je semble disparaître dans un autre monde. Puis la journée reprend son cours. Un petit thé après le déjeuner et je continue de préparer le repas du lendemain. 17h sonne à l’église. Le soleil déjà disparait derrière l’horizon.

Soudain, quelque chose semble littéralement exploser dans le bas de mon ventre. Quelle sensation étrange ! Mais rien de plus que ça. Une petite douleur persiste mais rien de significatif. Je ne dis rien. Le temps passe et une heure plus tard, une douleur se fait plus présente.  Mon mari observateur se rend compte que cette douleur va et vient. De plus en plus rapprochée. Quelque chose est-il en train de se passer ? On s’interroge. Un petit tour dans la salle de bain pour boucler mes affaires et nous voilà partit pour la maternité. Lorsque nous arrivons aux urgences gynécologiques, un homme nous accueille. Nous sommes persuadés de nous faire renvoyer. Il m’ausculte.

« Votre bébé sera là avant demain ! »

Nous n’en revenons pas. C’est un peu le choc. Tous nos plans de soirée s’envolent. Nos hôtes sont déçus et incrédules.

Il me fait installer dans la salle de travail. Une prise de sang pour des contrôles habituels. Désirez-vous la péridurale ? Je ne sais pas. C’est exactement ça. Je ne sais pas ce que je suis en train de vivre. Je ne sais pas ce qui est en train de m’arriver. On m’avait racontée tellement d’histoires sur les premiers accouchements. Cela peut durer une journée, et même plus. Alors on verra. Mais tout s’accélère. Quarante minutes après mon admission, je perds les eaux. Il parait que je suis une rapide. Je ne sais pas. Je sais juste que j’ai mal, terriblement mal. Les douleurs de l’enfantement ne sont pas une légende. Passer de rien à 10 centimètre, en deux heures à peine, je sens que ça fait mal ! Mais il faut attendre les résultats des analyses avant de savoir si on peut me poser cette miraculeuse péridurale qui peut-être me sauvera de cette affreuse douleur. Tout s’intensifie. On me dit de pousser. Là encore, malgré mes cours de préparation à l’accouchement, je ne sais pas. Je pousse depuis mes épaules. Cela ne va pas. Je ne comprends pas. Vais-je y arriver ? Plus question dans ce moment là de faire de l’humour. Mélange de peur et de force mêlée. Pas question d’abandonner en route. De toute façon, tout se fait malgré moi. Mon corps lui sait.

Une heure après mon arrivée, mon bébé est dans mes bras. Une petite, toute petite fille se blottit contre moi. Je n’en reviens pas. Je la regarde, je regarde mon mari. Nous sommes parents, je suis maman, pour la toute première fois !

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